La vie ne cesse d'évoluer vers plus de diversité depuis des millions d'années. Mais l'humanité compromet gravement son maintien par l'épuisement des ressources naturelles. Elle doit prendre conscience qu'il en va de l'intérêt de la planète, et de l'économie humaine, de laisser la biodiversité s'épanouir dans toute sa richesse.
Des espèces découvertes ou disparues
C'est au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992, que
la biodiversité entre en force dans les relations
internationales. Prenant conscience des convoitises dont elle
fait l'objet, les pays du monde entier s'engagent par une
Convention à la respecter et déclare le 22 mai Journée
internationale de la biodiversité. Oubliant en même temps de
créer une Agence internationale pour la biodiversité.
Le problème se situe là. Les engagements
sont pris sur le papier, mais dans la réalité, c'est une
biodiversité de moins en moins riche qui nous entoure.
Il y aurait, en théorie, entre 3,6 et 100 millions d'espèces
animales et végétales sur la planète. Les estimations varient
grandement, surtout en matière d'insectes, d'arachnides et de
champignons. Le rythme de leur découverte va lentement, même
s'il évolue rapidement. On a ainsi découvert en dix ans autant
d'araignées que depuis 1758.
Mais l'installation de l'homme dans la
plupart des terres cultivables et la destruction du milieu de la
majorité des espèces n'est pas sans conséquences. Une extinction
massive est en cours selon la majorité des scientifiques. Chaque
année, entre 17 000 et 100 000 espèces disparaissent, soit 20%
de la biodiversité en 2030. Toutes les espèces de poissons
menacées aujourd'hui auront disparu en 2048.
L'exemple illustré par le documentaire « Le cauchemar de Darwin
» le montre bien. Au Lac Victoria, l'exploitation des ressources
naturelles a engendré la pollution de ces eaux parmi les plus
poissonneuses au monde, et l'introduction de la perche du Nil en
1954 a achevé de détruire toute la biodiversité de cet
écosystème.

La plus grande richesse planétaire
La biodiversité est l'une des plus grandes richesses de la planète, et c'est pourtant la moins reconnue. L'industrie pharmaceutique ne pourrait subsister sans l'apport des nombreuses molécules tirées des végétaux ou des animaux de toute la planète. Idem pour les fibres de l'habillement, le bois pour le chauffage, la construction, la papeterie, les graisses pour la cosmétique...La biodiversité est la première des ressources naturelles. Elle fournit l'oxygène que nous respirons, nourrit le bétail que nous mangeons et contribue à épurer la terre et l'eau que nous polluons.
La biodiversité rend donc nos terres
fertiles, recycle nos déchets organiques et a même un impact
positif sur le climat. Si l'intérêt écologique est bien là, la
valeur économique n'est pas tout à fait prise en compte, alors
qu'elle pourrait être la première de notre planète. Les
biotechnologies se développent d'ailleurs grâce à la
biodiversité et permet la création de nouveaux marchés porteurs.
Ce qui demande donc une gestion appropriée.
On en est loin. Les activités humaines, pour être compatibles avec le maintien de la biodiversité, doivent être fortement jugulées pour ne pas nuire au développement des milieux naturels. Et c'est tout le contraire qui est actuellement en train de se dérouler. La communauté scientifique, les associations écologistes, au contraire de la communauté internationale, inventent donc des moyens de conservation de cette richesse naturelle. Par deux voies : la conservation in-situ et ex-situ. La première est la plus préconisée : elle requiert la création de zones de protection d'espèces menacées, comme le gorille, l'orang-outan ou de nombreux autres mammifères. Difficile à mettre en place lorsque leur habitat est grandement menacé de destruction afin de laisser la place à des surfaces cultivables.
La solution de secours reste donc
l'ex-situ, notamment en stockant le patrimoine génétique
d'innombrables espèces.
Car chaque extinction est une perte irréparable. La mort d'un
processus long de plusieurs millions d'années, d'une évolution
biologique stoppée en plein cours. L'humanité met ainsi en place
une sorte de « bio-uniformité », compromettant gravement le
maintien et la poursuite de l'évolution des espèces.