Les oeufs sont très petits et fournissent des
larves sans pattes ressemblant aux larves de mouches (asticots). Après
une phase de croissance, la larve s'entoure d'un cocon blanc et commence
sa métamorphose (nymphose) qui va en faire un insecte parfait.
Les
mâles et les reines portent deux paires d'ailes qui vont leur servir à
exécuter le vol nuptial, tandis que les ouvrières ne portent pas
d'ailes; tout comme les reines, ce sont des femelles mais leurs organes
reproducteurs sont atrophiés. C'est la nourriture pendant la vie
larvaire qui détermine l'évolution en reine ou en ouvrière : la richesse
en protéines semble déterminante.
Les mâles et les reines ne sont produits que de
mars à mai. Une fois capables de voler, les sexués quittent massivement
la colonie; cet envol se produit souvent simultanément dans de
nombreuses sociétés, ce qui permet un brassage génétique important.
L'accouplement unique a lieu en vol; après quoi,
mâle et femelle tombent au sol. Le mâle meurt. La femelle perd ses
ailes, désormais inutiles et cherche à créer une nouvelle société.
Les premiers oeufs pondus constituent, en partie,
la nourriture de la reine, incapable d'en rechercher. Les autres
fournissent des ouvrières de petite taille. Elles restent attachées à
leur mère qui secrète une substance attirante. Elles rassemblent
également de la nourriture et commencent à édifier un nid. Mieux
nourrie, la reine peut alors pondre des oeufs qui fourniront des
ouvrières de plus grande taille.

Chez Formica rufa, il arrive souvent que la reine
ne forme pas une nouvelle société mais pénètre dans une société
existante. Si elle n'est pas expulsée ou tuée par une reine en place,
elle s'installe et débute sa ponte.
Les sociétés se scindent souvent d'elles-mêmes
mais les ouvrières de nids différents gardent entre elles des rapports
pacifiques, de même d'ailleurs qu'entre sociétés non apparentées.
La reine peut également pénétrer dans une société
d'une espèce voisine (Formica fusca L.), tuer l'unique reine et
prendre sa place. Elle est adoptée par les ouvrières qui élèvent son
couvain. La société se peuple ainsi progressivement en ouvrières rufa
qui finiront par remplacer complètement les ouvrières d'origine. Les
sociétés de F. rufa sont reliées entre elles par des sentiers
dégagés parcourus en permanence par des armées d'ouvrières à la
recherche de nourriture. Ces sentiers, marqués olfactivement, partent
également dans toutes les directions et peuvent conduire les fourmis
jusqu'au sommet des arbres.
Comme
la plupart des fourmis, F. rufa est omnivore mais elle recherche
surtout des aliments d'origine animale. Elle consomme divers insectes et
même des cadavres d'oiseaux ou de mammifères. À l'instar d'autres
fourmis, elles apprécient les «excréments» sucrés des pucerons. Elles
peuvent également consommer les pucerons eux-mêmes en cas de disette.
Pour se défendre ou pour tuer leur proie, elles
expulsent un jet de venin (acide formique) ou creusent avec leurs
mandibules un trou dans la peau de la proie et y injectent leur venin.
La fourmi rousse a peu d'ennemis en dehors des