Le rond de sorcière
|
Ces phénomènes appelés ronds de sorcières, cercle des fées ou mycélium annulaire sont des phénomènes naturels, consistant en une colonie de champignons pérennants alignés en une formation plus ou moins circulaire. Les véritables ronds de sorcières s’élargissent par un ou plusieurs « bonds » annuels de 20 à 40 cm, le record étant atteint par Catathelasma imperiale avec le chiffre d'un mètre par an. Tous les Hygrophores
des sous-genres Limacium et Camarophyllus, la plupart des Psalliotes et
des Hébélomes, la majorité des Tricholomes et des Clitocybes, beaucoup de
Cortinaires et de rares Amanites peuvent produire cette formation. Les
plus typiques étant le Tricholome de la Saint-Georges, le Marasme des
Oréades et le Clitocybe géotrope. Ces curieux cercles de champignons ont
été remarqués par les hommes depuis fort longtemps et ont donné lieu aux
plus poétiques légendes : Nymphes et Dryades, elfes et gnomes en seraient
les responsables. Au Moyen Âge, on y voyait la trace de la « danse des
sorcières pour évoquer le démon », celle des fées, la main du De fait, on voit souvent l'herbe dépérir sur cette zone dénudée où apparaîtront, en saison, les nouveaux champignons. Fait plus curieux, l'intérieur du cercle montre une végétation languissante, alors qu'à l'emplacement du cercle de l'année précédente, l'herbe forme un anneau luxuriant d'un vert magnifique. Ainsi, ces « rondes » sont observables avant même l'apparition de tout champignon sur leur bord, et encore plus remarquables vus d'avions, les aviateurs repérant plus aisément ceux qui échappent aux regards des « rampants » en raison de leur immensité. Explication scientifique Selon Henri Romagnesi, l'explication de leur origine est très simple : à la manière d'une colonie bactérienne sur un milieu de culture, une unique spore, ayant germé, émet son mycélium dans toutes les directions, et les différents « rayons » du cercle se développent à vitesse sensiblement égale. Quand le sol est épuisé, le mycélium colonise une nouvelle bande de terrain. Il s'ensuit année après année une progression de la colonie en un cercle de plusieurs dizaines de mètres de diamètre, voire plusieurs centaines de mètres pour les plus anciens. Dans les immenses prairies des États-Unis et du Canada on en connaît de plus d'un kilomètre de diamètre et Georges Becker en a repéré un de Clitocybe gigantea près de Belfort d'environ 600 mètres !
Quant au phénomène de
variation de couleur de l'herbe et du comportement de la végétation, le
dépérissement s'explique par l'épuisement des substances nutritives du sol
au profit du mycélium et/ou la production de toxines sécrétées par ce
dernier, notamment une quantité excessive de nitrates et de substances
antibiotiques. Deux types de faux cercles : Il y a les cercles dont un arbre est le centre, et où le mycélium ne fait que suivre la progression des radicelles périphériques, et aussi le cas des ronds qui apparaissent spontanément tout formés et ne progressent pas. |