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Le sauvetage du lac
Le projet d'aménagement du
site présenté par l'IDEF a été étudié par des experts en environnement et
en économie, mais il a été également soumis aux habitants de la région et
à leurs mandataires. L'avis fut largement positif sur base d'une vision
multicritère tendant à la gestion du site au profit de la collectivité
dans un souci de durabilité. Il faut garder à l'esprit les options
premières que sont la sauvegarde de l'environnement et l'éducation à la
santé mais sans nier l'impact financier et commercial de l'entreprise. La
sauvetage du site a été réalisé en se basant sur une stratégie pouvant
être résumée en trois points:
1. Mesures de
protection
a. Protection des zones
d'intérêt écologique

Grâce à la précieuse
collaboration du Groupe d'Observation Permanente (G.O.P.) composé de
bénévoles, spécialistes de la conservation de la nature mais aussi de la
Direction Générale des Ressources Naturelles et de l'Environnement de la
Région Wallonne (D.G.R.N.E.), ainsi que de la Faculté Universitaire des
Sciences Agronomiques de Gembloux, l'I.D.E.F. a désigné et protégé des
zones de grandes richesses faunistiques et floristiques. Les roselières et
les têtes d'alimentation du lac sont maintenant protégées de toutes
actions, touristiques ou autres.
b. Les eaux de surface et de la nappe phréatique sont
strictement protégées
En pratique, le programme
suivant a été réalisé:
(INASEP) permettant ainsi de
protéger le lac et le ry Bons Enfants;
les eaux usées sont
envoyées à la station d’épuration de Bambois, de conception classique,
et d’une capacité de 1800 EH, cette station est construite de manière à
constituer un pôle didactique accessible à la population.
l’INASEP a aussi construit
une station sur le ry de Belle Eau. Elle constitue une synthèse de
traitements combinés que l’on peut envisager en zone rurale.
c. Protection paysagère
En accord avec la DGRNE,
l'asbl IDEF est attentive à restaurer et à protéger roselières, espaces
boisés et végétation remarquable.
2. Recherche de synergies entre partenaires
Sur base d'un dossier
introduit en 1984 par l'IDEF, le site est acheté en janvier 1991 par la
Communauté Française de Belgique qui le cède par bail emphytéotique à l’asbl
IDEF. En février 1988, l'IDEF
et la Députation Permanente de Namur signent le premier contrat de rivière
de Wallonie en vue de la gestion intégrée du ruisseau de Fosses et du lac
de Bambois. Sur base du contrat de rivière, la Députation Permanente de
Namur charge l'INASEP de l'épuration du site. Une station d'épuration
didactique est opérationnelle dès juin 1994. En juillet 1991 est créé un
Comité de gérance du lac de Bambois avec des représentant de l’IDEF, de la
région Wallonne et de la ville de Fosses. En mars 1994 la Région Wallonne
accorde une subvention de 18 millions pour la revalorisation touristique.
Enfin, depuis août 1996, un accord de collaboration officialise la déjà
longue collaboration entre l’IDEF et la Faculté Universitaire des Sciences
Agronomiques de Gembloux pour la mise en place du plan de gestion du lac
de Bambois.
3. Mesures
d'optimalisation de l'aménagement touristique.
Vu l'expérience
désastreuse de l'impact du tourisme sauvage, l'IDEF a été particulièrement
soucieux d'élaborer un programme de relance touristique compatible avec la
gestion durable du site. Ces activités que l'IDEF regroupe volontiers sous
le vocable «activités intégrées de tourisme de proximité et de
citoyenneté» peuvent être divisées en quatre activités spécialisées :
a. Tourisme de base
Les infrastructures
suivantes ont été mises en place:
-
plages, terrasses,
pelouses
-
espace de jeux pour
enfants
-
centre de rencontre et
locaux d'exposition
-
mise en place de
circuits pédestres, en vélo et à cheval
-
cafétéria
b. Tourisme nature
Un sentier nature, dont
l'accès est strictement réglementé, permet aux naturalistes de se livrer à
leur passion favorite. Dans ce cadre, deux observatoires ornithologiques
ont été aménagés dont un qui est accessible au grand public et comporte
des panneaux didactiques.
Citons également:
-
la maison du lac avec
ses expositions didactiques
-
les jardins aquatiques,
jardins des plantes médicinales, jardin de la «Poésie», jardins des
senteurs et des couleurs,
-
les aquariums abritant
les principales espèces ichtyologiques de nos cours d'eau
-
un sentier des biotopes
agrémenté de pontons, caillebotis et panneaux didactiques...
c. Tourisme halieutique
Un petit espace pêcherie a
été clairement délimité près de l'espace d'accueil et comporte pontons et
emplacement de pêche pour handicapés en fauteuils roulants.
La pêche dans le lac n'est
permise:
-
que sur une zone limitée
(protection des roselières, des sites de nidification et des sites de
séjour des migrateurs en hivernage),
-
que pour les salmonidés
et carnassiers,
-
qu'avec des techniques
déterminées : en barque, sans amorçage et avec leurres artificiels. Le
nombre de barques et de pêcheurs est strictement limité.
d. Tourisme didactique
Une large panoplie
d'activités didactiques est organisée par l'IDEF en faveur des enfants et
des familles lors des visites guidées, expositions ou journées à thème,
mais aussi pour des groupes scolaires.
4. Conclusions
L'expérience de Bambois
est avant tout un message d'espoir pour montrer aux jeunes que l'homme
peut reconstruire ce qu'il a détruit. Bambois, c'est avant tout la preuve
que le citoyen peut demander et obtenir la collaboration des pouvoirs
publics et des organisations privées pour le sauvetage d'un site de grande
valeur écologique. Certes, le pari n'est pas encore totalement gagné et
toute notre vigilance est requise pour l'avenir. Néanmoins, une grande
partie du chemin vers la revalorisation du site de Bambois a été
accomplie. Bambois renaît tel cet oiseau mythique, le Phénix, qui se
brûlait lui-même sur un bûcher pour renaître de ses cendres...

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