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HISTORIQUE DES MASSIFS FORESTIERS SPADOIS Durant le moyen-âge, la grande forêt ardennaise s'étendait à perte de vue dans nos contrées. Elle était constituée principalement de hêtres et de chênes. Jusqu'au XIIIème siècle, la haute futaie feuillue couvrait toujours le territoire et était peu exploitée par les habitants. L'accroissement démographique des siècles suivants eut pour conséquence un renforcement des droits d'usage dans les bois. L'exercice de ces droits d'usage, qui n'allait pas sans abus, notamment sous l'incidence des charbonniers et de l'industrie naissante du fer, conduisit à une lente dégradation du patrimoine forestier. Des paysages ouverts formés de landes semi-naturelles, appelées «fagnes», apparurent. Ces landes étaient domaine de chasse du seigneur local. Les habitants des bourgades voisines y possédaient certains droits d'usage tels que le pâturage, le fauchage et l'essartage. Par contre, au nord de ces landes, certaines zones, où les manants n'avaient pratiquement aucun droit, étaient réservées au prince-évêque de Liège. Aussi, ces zones formaient des massifs forestiers fermés. Au début du XIXème siècle, la Commune de Spa héritait des territoires du prince-évêque et des fagnes seigneuriales. Mais, les coupes excessives d'arbres et les abus des droits d'usage de la population locale avaient détruit les belles forêts d'antan. Au cours de ce siècle, ces droits d'usage tombaient peu à peu en désuétude avec l'essor de la révolution industrielle entraînant une migration importante des populations vers les villes. L'Administration des Eaux et Forêts reconstruisit alors progressivement des massifs forestiers dans les landes abandonnées avec des conifères. Le pin sylvestre et l'épicéa étaient ainsi introduits, à titre d'essai d'abord, puis très largement plantés en raison d'une part de leur production rapide de bois sur sols pauvres et, d'autre part, de la demande importante en bois par les charbonnages. En 1913, la Ville de Spa connaissant une situation financière difficile vendait à l'Etat un ensemble de bois communaux situés au sud de la Route des Fontaines et de celle reliant Géronstère à Creppe. Cet ensemble comprenait non seulement des bois communaux mais également toute la partie de fagne s'étendant entre ces bois et la Vèquée. La forêt domaniale du sud de Spa voyait le jour. La Ville de Spa conserve toutefois une frange boisée située entre ce massif vendu et les pâturages bordant l'agglomération spadoise. Par ce même acte de vente, elle eut cependant la volonté de conserver la propriété des sources dans l'entièreté du massif vendu. De nos jours, la Division de la Nature et des Forêts de la Région Wallonne gère les forêts publiques. L'ancienne gestion, axée essentiellement sur la restauration de la forêt et la production de bois, est complétée par des mesures particulières de gestion favorisant la protection de l'eau, la biodiversité, la conservation des zones naturelles fragiles, ... Les forêts spadoises sont un exemple de gestion intégrée. Elles sont ouvertes à un large public grâce à un réseau de promenades aménagées à l'entrée desquelles des règles de circulation sont affichées. LA FORET DOMANIALE DU SUD DE SPA La forêt domaniale appartient à la Région Wallonne. Elle a une étendue de 1420 ha. Elle est composée de : - 230 ha de peuplements feuillus composés essentiellement de hêtraies, d'anciennes chênaies à bouleaux et, dans les, zones de sources, d'aulnaies; - 723 ha de peuplements de conifères constitués principalement d'épicéas; les pins sylvestres, douglas, tsugas hétéro- ' phylles et sapins ont été introduits en petits groupes pour rompre la monotonie de ce secteur de production; les larges distances de plantations actuelles, les fortes éclaircies et la limitation de l'étendue des coupes rases réduisent les effets néfastes attribués aux plantations de conifères; - 32 ha de zone de loisirs et de tourisme (parc de Bérinzenne et piste de ski); - 435 ha, soit 31% de l'étendue forestière, réservés aux zones de conservation et de protection de l'eau, de la flore et de la faune; la fagne de Malchamps fait partie de cette zone.
La forêt communale spadoise s'étend sur 407 ha. Elle se compose de : - 217 ha de peuplements feuillus constitués essentiellement de hêtraies et de chênaies pédonculées; - 190 ha de peuplements de conifères, moitié pins sylvestres sous étagés de hêtres et moitié épicéas. L'aspect esthétique de la forêt communale est une des priorités de gestion. Aussi, les vieux feuillus bordant les nombreuses promenades sont conservés et ne sont pas exploités à des fins économiques.
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