LA LANDE TOURBEUSE
PHYSIONOMIE
La lande tourbeuse présente une grande homogénéité floristique. Elle a
l'aspect d'une lande herbeuse dans laquelle abondent
le scirpe cespiteux, la molinie et la bruyère quaternée, accompagnés du jonc
raide et de quelques mousses (notamment des sphaignes et le leucobryum
glauque).
CARACTERISTIQUES ET ORIGINE
Sur toute la crête, de Malchamps à Bérinzenne,
les sols limono-argileux sont recouverts d'une couche de tourbe d'épaisseur
variable (de 10 à 100 cm). Sur cette crête relativement plane, la majeure
partie de l'année, une nappe phréatique existe à proximité de la surface du
sol. Ces conditions sont favorables à l'installation de chênaies à bouleaux
ou de boulaies à sphaignes suivant
l'épaisseur de tourbe (excepté dans les cuvettes de palse dans lesquelles
des tourbières se sont
développées).
Tout comme la lande sèche, la lande tourbeuse
est une formation végétale semi-naturelle résultant de l'exploitation de la
forêt par l'homme au cours des siècles
derniers. Après la disparition de la forêt, les paysans de la région
s'adonnaient au fauchage et à la
pratique du stiernage. Cette pratique consistait à faucher les graminées,
les joncs, les jeunes arbustes,...
Le tout était ensuite mélangé avec des
mousses (des sphaignes principalement), ramassées au préalable. Durant
l'hiver, cette mixture servait de litière au bétail.
Le pâturage était également pratique courante
dans les landes tourbeuses et dans les landes sèches de la fagne de
Malchamps-Bérinzenne, comme en
attestent les ruines d'une bergerie qui fonctionna jusqu'à la fin du XIXème
siècle (voir, page suivante, la reproduction du tableau de Crehay
représentant la bergerie au siècle dernier).
L'exportation de grandes quantités de matière
végétale au cours des siècles précédents a eu pour conséquence un
appauvrissement encore plus important des sols. Il est donc normal que la
flore actuelle de la lande tourbeuse soit peu diversifiée. Toutefois,
celle-ci offre un paysage étonnant quelle que soit la saison.
LES PRINCIPALES ESPECES VEGETALES DE LA LANDE TOURBEUSE
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Le scirpe cespiteux
(Scirpus cespitosus L.)

-
Plante formant souvent de grosses touffes.
-
Tiges raides et cylindriques, vert tendre à vert
foncé.
-
Une à deux feuilles réduites près de la base.
-
Fleurs en épi
(axe portant des fleurs sans pédicelle insérées
à des niveaux différents), épi solitaire au sommet de la tige.
Famille :
Cypéracées. Hauteur : 5-35 cm. Floraison : juin-août. |
La bruyère quaternée (Erica
tetralix L.)

-
Tiges dressées.
-
Feuilles vert grisâtre, en aiguilles poilues, disposées par
4 en cercle autour de la tige et au même niveau.
-
Fleurs roses en grelot de 6-9 mm de long, en grappes
compactes au sommet des tiges, calices poilus.
Famille : Ericacées.
Hauteur : 15-50 cm.
Floraison : juin-août.
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Le jonc raide ( Juncus squarrosus)

-
Tiges raides, dépouvues de feuilles.
- Feuilles étroites raides, creusées de petits canaux, disposées
en rosette à la base et formant une touffe compacte.
- Fleurs roussâtres, formées de six pièces membraneuses.
-
Inflorescences en panicule (= en forme d'une grappe
composée).
Famille : Joncacées.
Hauteur : 15-30 cm.
Floraison : juin-août. |
La molinie ( Molinia caerulea)

- Tiges
à un seul noeud à la base.
- Feuilles planes, larges de 4-10 mm, longues de 10-50
cm, rudes au toucher
sur les bords.
-
Ligules
formées d'un anneau de poils courts.
-
Inflorescences en panicule contractée, longues de 1050
cm, violacées.
Fleurs
en épillets longs de 4-9 mm.
Famille : Poacées.
Hauteur : 60-80 cm.
Floraison : juillet-septembre. |
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