|
|
||||||
|
LES TRACES DE PALSES MINERALES A cet endroit, sur la plate-forme, on peut observer une cuvette remplie de tourbe entourée d'un rempart ± circulaire. De nombreuses hypothèses ont été émises pour expliquer l'origine de ces formes très particulières : abreuvoirs pour les troupeaux qui pâturaient dans la fagne, viviers de pisciculture, canardières, cuves à lavage d'or, vestiges de carrières, phénomènes volcaniques, ... Finalement, c'est le Professeur A. Pissart de l'Université de Liège qui découvrit l'origine naturelle de ces formes et qui expliqua les processus de leur formation grâce à des travaux menés à l'étranger. A la fin du Pléistocène (vers ± 10.000 avant J.C.), le climat était froid et sec (température moyenne annuelle : -6° C, température moyenne de janvier : -22° C, température moyenne de juillet : +9° C). Ces conditions climatiques étaient favorables à l'apparition d'un pergélisol discontinu (pergélisol sol gelé en permanence toute l'année et plusieurs années de suite). En hiver, les sols dont la surface était irrégulière, étaient recouverts de neige, surtout à l'endroit des creux. Sous l'action du gel, l'eau contenue dans les limons et les argiles gelait en formant des lentilles de glace, lentilles d'autant plus abondantes que la couverture neigeuse était moins épaisse. Au fil des années, la croissance de ces lentilles donnait naissance à des buttes (palses minérales ou lithalses), sans manteau organique de couverture. Durant l'été, les sols restaient gelés. Seule la couche supérieure des buttes dégelait et formait une masse boueuse saturée d'eau. Cette boue s'écoulait très lentement sur les flancs des buttes et s'accumulait en périphérie. Ce phénomène d'écoulement boueux très lent (quelques centimètres par an) s'appelle la solifluxion. Vers ± 9400 avant J.C., au Préboréal, le réchauffement du climat faisait fondre la glace des sols laissant des cuvettes circulaires remplies d'eau, entourées chacune d'un rempart d'une hauteur variable (de 0,5 à 2 m). Les sédiments des remparts proviennent donc du sommet des buttes suite au phénomène de solifluxion qui s'est déroulé durant moins de 1000 ans. Le comblement progressif des cuvettes par de la tourbe au cours de l'Holocène est à l'origine de tourbières que l'on peut observer actuellement en de nombreux endroits. Ces tourbières recèlent des groupements végétaux d'une richesse biologique remarquable
En Belgique, les traces de palses minérales existent dans la région des Hautes-Fagnes et sur le Plateau des Tailles. En Europe, des traces comparables à celles de la Belgique ont été observées au Pays de Galles, en Angleterre, en Irlande et en Scandinavie. Dans le Québec subarctique, des palses sont encore actives de nos jours. Dans la fagne de Malchamps-Bérinzenne, de très nombreuses traces sont concentrées sur la crête au dessus de 560 m d'altitude.DEUX PLANTES A DISTINGUER AU PRINTEMPS DANS LA CUVETTE DE LA PALSE
|
||||||