Magnifique oiseau aux ailes pointues typiques des Faucons
et à la moustache très marquée, le Faucon pèlerin est un habitant des
falaises. Il est le plus grand des faucons. Ces ailes caractéristiques sont
effilées. Ses parties supérieures sont sombres : du gris au noir, ainsi que
les moustaches. Par contre, les parties inférieures sont blanches, striées
de noir. Le bec est noir bleuté, les pattes sont jaunes et les yeux noirs.
La femelle est un tiers plus grande que le male. Grand consommateur
d'oiseaux, du martinet aux corvidés en passant par l'étourneau, il
avait disparu, comme nicheur, de Belgique en 1972, les oeufs étant devenus
stériles ou trop fragiles par contamination par le DDT. Réintroduit en
Allemagne et ailleurs, ayant bénéficié d'importants programmes de
protection, il y a prospéré et colonisé les régions voisines. Cette
recolonisation c'est faite, entre autres, en adoptant des constructions
artificielles de grandes tailles (tours de refroidissement des centrales
électriques, pylônes, silos, ...) comme sites de nidifications.
Après de nombreuses années d'absence, la première
nidification a eu lieu en 1987 dans la région de Couvin, mais
malheureusement sans suite. Depuis 1994 un couple fréquente la centrale de
Tihange où une première tentative de nidification a échoué en 1996. Enfin,
depuis 1998, quatre couples nichent en Wallonie Seraing, Les Awirs, Tihange
et Waulsort. Ce dernier site est la falaise naturelle qui a abrité la
dernière nichée de Faucon pèlerin de Wallonie.
Le faucon pèlerin est célèbre pour son vol, il est en
effet l'animal le plus rapide du monde puisqu'il peut atteindre des pointes
de 300 km/h en piquant. Il assomme ses proies en se servant de sa vitesse.
Des protections nasales permettent de boucher ses narines quand il pique,
sans ça, sa tête exploserait. Son vol quand il ne pique pas se caractérise
par des battements d'ailes très rapides suivis de longues glissades
horizontales. Le faucon pèlerin plane très peu.
En Hesbaye, le Pèlerin ne trouve pas de falaise pour
nicher mais la recherche de nourriture l'amène à fréquenter la région. Il
est régulièrement noté à Eghezée où il y a une forte concentration
d'oiseaux. Il en est de même près de la décharge de Mont-Saint-Guibert qui,
comme toutes les décharges, est fort fréquentée par les Laridés (et les
ornithologues). L'hivernage en Hesbaye près de ces lieux où abondent les
proies potentielles a tendance à s'amplifier et à devenir de plus en plus
régulier. Des migrateurs de passage sont aussi régulièrement signalés un peu
partout.
Comment un consommateur d'oiseaux peut-il être apprécié
des ornithologues ? Comme pour tous les prédateurs, la réponse est simple.
Ils consomment des espèces courantes et abondantes dont ils capturent les
exemplaires les plus faibles, contribuant ainsi à la bonne santé de ces
espèces par élimination des individus malades. Dans le cas du Pèlerin,
l'essentiel de ses proies est constitué de pigeons, principalement de
pigeons bisets, retournés à un état semi-sauvage et d'étourneaux. Espérons
que le retour des pèlerins entravera la prolifération de ces espèces dont on
se plaint par ailleurs en ville et dans les régions de cultures fruitières.
La municipalité de Barcelone, en Espagne, envisage de réintroduire le
Pèlerin afin de restreindre la population de pigeons indésirables. En
Belgique, de nouveaux sites potentiels vont être munis de nichoirs.
Reproduction
Le pèlerin niche souvent dans des falaises abruptes. La femelle pond fin
mars 3 à 4 oeufs qui sont ensuite couvés 28 à 29 jours par les deux sexes.
Les jeunes restent au nid une 40aine de jours. Les couples sont durables.
Son prédateur direct est unique, il s'agit, en
l'occurrence, du grand duc. Celui-ci, malgré sa grande taille, a un vol très
silencieux grâce à ses plumes qui ont une structure particulière avec la
présence de petits crochets les empêchant de glisser les unes sur les
autres. De fait, les ornithologues ont constaté que la présence de ce
prédateur en nombre est incompatible avec celle du faucon pèlerin.
On peut également nommer le grand corbeau qui n'hésite
pas à se saisir de poussins lorsque les parents ont momentanément quitté le
nid.
Citons aussi les delta-planes, les parapentes, les
grimpeurs et certains photographes qui, s'ils ne pensent pas à mal,
perturbent les oiseaux avec pour fâcheuse conséquence l'abandon pur et
simple du nid.
N'oublions pas les insecticides, les trafiquants et
quelques chasseurs qui tirent sur tout ce qui vole.