Le loir
Glis glis

Le loir est un petit mammifère rongeur de la famille des myoxidés qui vit essentiellement la nuit  (également nommés Gliridés).

Nom scientifique : Glis glis (anciennement Myoxus glis)

Taille : 14 à 20 cm + 11 à 19 cm de queue.

Poids : de 80 à 250 grammes.

Description

Dos et flancs gris chinchilla uniforme, parfois teinté de roux sur les flancs, ou de noir sur une raie dorsale. Mince cercle noir autour de l'œil. Joues et ventre blancs. Longue queue touffue, munie de poils gris d'égale longueur jusqu'à son extrémité.

Signes de présence

Son nid est une construction ovoïde d'une bonne quinzaine de centimètres de diamètre faite de brindilles, mousses, feuilles, herbes sèches avec ouverture latérale. L'intérieur est tapissé de matériel doux : laine, poils, plumes, herbes. Le nid est souvent construit dans un creux d'arbre, une fissure de rocher, un vieux mur, un vieux nid de pie ou d'écureuil ou encore peut se trouver librement dans les branches, à moyenne hauteur. Un même nid peut abriter plusieurs individus. Les nichoirs à petits passereaux ne lui conviennent pas : le diamètre du trou de vol est insuffisant. Les nids d'hibernation sont établis dans le sol, à des profondeurs allant de 15 à 60 cm. Ses empreintes sont semblables à celles de l'écureuil, mais de plus petite taille.

Reproduction

La mise bas a lieu de juin à septembre après une gestation de 30 à 32 jours.

Les jeunes sont peuvent être de 1 à 11 par portée mais le plus souvent ils sont de 4 à 6, avec une portée annuelle.

Les jeunes atteignent la maturité sexuelle au plus tôt vers 9 à 10 mois, c'est-à-dire au printemps qui suit l'année de leur naissance. L’espérance de vie du loir est de 9 ans environ.

Il hiberne à partir d’octobre jusqu’à mars-avril

Statut de protection

C’est une espèce protégée en Europe conformément à la Convention de Berne, pouvant faire l'objet de prélèvements si la densité de ses populations le permet. En région wallonne l’espèce est protégée depuis mars 1983.

Répartition géographique

Le loir se trouve en Europe depuis la chaîne des Cantabriques jusqu'à la région de Kazan (Tatarie) et dans le Caucase. Il est présent dans le nord de la Turquie, en Corse, Sardaigne et Sicile mais est absent de la bordure atlantique de la France ainsi que des grandes plaines d'Allemagne du nord. On ne le trouve pas en Scandinavie et, dans les îles britanniques, seule une petite population introduite subsiste dans le sud-est de l'Angleterre. En altitude, il ne dépasse guère 1500 m dans les Alpes et 2000 m dans les Pyrénées. Il est aussi présent en Asie centrale jusqu'au Pakistan.

En Belgique, le loir ne se trouve régulièrement qu'en Gaume. Des observations fortuites ont été réalisées bien au nord de cette zone, notamment dans le Limbourg hollandais, mais il s'agissait d'animaux transportés, probablement au sein de balles de paille importées de France. Un loir capturé au siècle dernier (1888) «aux environs de Dinant» figure dans les collections de l'Institut royal des sciences naturelles.

Régime alimentaire

Le régime du loir est à base végétarienne. Ses aliments préférés sont les graines et les fruits secs : glands, faînes, châtaignes, noix et noisettes. D'autres fruits figurent au menu lorsque l'occasion se présente : pommes, prunes, mûres, myrtilles, figues, poires. Il aime aussi les bourgeons et les fleurs, mange également des champignons et écorce volontiers les jeunes pousses. Il ne dédaigne pas les insectes, les crustacés (cloportes) ou certains mollusques et se repaît occasionnellement de petits vertébrés, notamment des jeunes oiseaux qu'il trouve au nid. En automne, les loirs engraissent énormément et stockent un peu de nourriture, constituant ainsi de bonnes réserves énergétiques pour affronter la longue période d'hibernation.

Habitat

Le loir est un animal jamais très abondant et, dans de grandes parties de son aire de répartition, il est extrêmement rare. Il vit principalement dans les forêts caducifoliées, spécialement les hêtraies et les chênaies mais habite aussi les parcs, les vergers, les formations buissonnantes et les lisières. Il adopte volontiers le couvert de cabanes forestières et peut rentrer dans les maisons.

Territoire-Comportement

Le loir est essentiellement nocturne et vient assez rarement sur le sol. Il vit en couples ou en petits groupes familiaux sédentaires sur un territoire d'environ 3 à 4 hectares, ce qui, pour un rongeur, est assez considérable. Les populations comprennent environ la moitié d'animaux de moins d'un an, 30% d'individus ayant de 1 à 2 ans, 15% de 2 à 3 ans et 5% au delà.

Prédateurs

Comme pour les autres gliridés, les principaux prédateurs du loir sont les rapaces nocturnes, notamment hibou grand-duc et chouette hulotte. Parmi les carnivores, c'est surtout la martre, le chat sauvage et, dans une moindre mesure, la fouine qui comptent le loir au nombre de leurs proies. À l'instar de celle du lérot et du muscardin, la peau qui entoure la queue du loir est susceptible de se déchirer lorsque l'animal est saisi par là. Le prédateur se retrouve alors avec un fourreau garni de poils et la proie qu'il convoitait a eu le temps de s'échapper. Les vertèbres caudales mises à nu finissent par se dessécher et par tomber. Il n'est pas rare de trouver, dans la nature, des animaux mutilés de la sorte qui semblent mener une vie parfaitement normale.
 

Protection et conservation

En Belgique, le loir reste une espèce assez malconnue. Il serait utile d'entamer dans ce pays un programme d'inventaire et de surveillance. Ainsi, tout agent des forêts qui réaliserait une observation de loir est invité à en faire état, avec le plus de détails possible et en localisant très précisément sa découverte, au Service Conservation de la Nature de la Région. Les agents les plus concernés sont ceux des cantonnements d'Arlon, Virton et Florenville.